Cette partie comporte deux textes que vous lirez en 20 minutes. Ensuite vous devrez répondre à 20 questions dont les 10 premières portent sur le premier texte et les 10 dernières sur le second texte.

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Texte 1 :

LE DIGITAL; UNE ARME A DOUBLE TRANCHANT

Drôle de façon d'étendre son emprise! La digitalisation est plutôt du genre binaire dans sa manière de conquérir le tissu économique. A l'évidence, la profusion des solutions numériques façonne l'avenir du commerce et celui des secteurs secondaire et tertiaire, mais interpelle sur sa capacité à relancer l'économie. « L'arrivée du canal digital améliore principalement l'expérience client », précise Mounir Jazouli, président du GAM (Groupement des Annonceurs du Maroc). Mais le plus captivant c'est cette façon dont le numérique réinvente la répartition de la valeur et abat les frontières entre producteurs et consommateurs. Dans un circuit de distribution classique, un produit quelconque livré au consommateur fait appel à plusieurs intermédiaires (grossiste, semi-grossiste et détaillant). Seul le vendeur est, in fine, en contact direct avec le client. Avant l'avènement d'internet, un client mécontent pouvait faire part de ses doléances par courrier ou en appelant le numéro vert indiqué au dos de l'emballage du produit. En démultipliant les zones 2 d'interaction, le digital donne la possibilité au consommateur d'entrer en contact direct et en temps réel avec le producteur. Ce qui pousse les enseignes vers davantage de vigilance et les oblige à se prêter au jeu de l'écoute des besoins de leur clientèle. Pour les marques, cela prend une telle ampleur que les entreprises y voient désormais un enjeu de survie. Mais qu'apporte réellement le numérique en termes de valeur ajoutée ? La question oppose deux courants de pensée. « L'intelligence artificielle et les algorithmes sophistiqués ont permis de gagner en maîtrise de gestion. Ce qui se répercute positivement sur la compétitivité des entreprises».

L'éclosion du digital est intervenue dans un cycle conjoncturel défavorable... Nés dans un contexte de crise, les fleurons du numérique, dont les plateformes de mise en ligne et les sites e-commerce, se sont bornés à optimiser le coût de fonctionnement en vue de stimuler un pouvoir d'achat en berne. « La révolution numérique a certes permis des progrès notoires au niveau de l'entreprise, mais elle a aussi causé des pertes d'emploi significatives ».

En tourisme, la désintermédiation induite par le digital a introduit dans un premier temps les tours opérateurs (TO), puis les pure players qui ont fini par précipiter la disparition des agences de voyages au mode de fonctionnement obsolète. A l'ère de la dématérialisation, faire preuve de flexibilité est obligatoire. Désormais, ce sont bien les algorithmes puissants des plateformes collaboratives qui menacent de disparition plusieurs lignes de métiers.

Aubaine ou malédiction ? Toute innovation de rupture, quel que soit le secteur, y compris dans l'industrie, passe forcément par la numérisation. Dans les marchés de renouvellement, le digital intervient pour améliorer la perception du produit ou du service tout en le rendant plus accessible, plus abordable. Pour l'industrie du luxe, être présent sur internet c'est aussi une façon de parer à la contrefaçon qui s'est démultipliée avec l'arrivée d'internet. Les sites web tels que Trip Advisor ont provoqué, à première vue, un séisme dans le milieu hôtelier, mais ils permettent aussi désormais aux opérateurs les plus structurés de capter davantage de clients. Dans l'univers bancaire, le mobile banking pourrait constituer un levier d'inclusion financière important. Ce qui est regrettable par ailleurs, c'est que ce « digitalrush » ne va pas de pair avec l'évolution fulgurante des outils technologiques. Et le consommateur marocain ne semble pas profiter pleinement des bienfaits de ce développement. L'usage qu'il fait du digital est à des années-lumière de ce qu'on trouve dans des pays européens ou parfois même sur le continent. Le e-commerce est en voie de développement certes, mais reste plombé par des habitudes de consommation qui privilégient le paiement par cash au profit du règlement par carte bancaire. D'autres services tels que le « web as a service >> et le « web as an entertainment» ne peuvent se développer sans l'implication des TPE, des PME et des agences digitales... Difficile de faire évoluer une branche où les profils de pointe se font rares. « Je ne cherche même plus à recruter des agents spécialisés dans le digital, il n'y en a pas », se désole Smael Sebti, PDG de WB&C Digital Marketing and Technology.

Economic Entreprise, 01/2017

Texte 2 :

MAROC-AFRIQUE SUBSAHARIENNE : UN MODÈLE RÉUSSI DU PARTENARIAT SUD-SUD

Malgré son retrait de l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA) en 1984, le Maroc a su construire au fil des années des relations diplomatiques solides avec les Etats frères Africains, en particulier ceux au sud du Sahara. Ces relations qui, faut-il le rappeler, reposent sur un ancrage historique indéfectible. En effet l'espace saharien a longtemps été une aire d'échanges culturels, commerciaux et de flux migratoires entre le Maroc d'où partaient les expéditions caravanières et l'actuelle Afrique Occidentale. Ces contacts ont permis d'ores et déjà d'établir entre le Maroc et les pays d'Afrique Subsaharienne des liens séculaires couvrant les dimensions sociale, commerciale, culturelle, intellectuelle et spirituelle.

Mais c'est depuis une dizaine d'années que nous constatons une intensification des relations Maroc-Afrique subsaharienne à travers une diplomatie économique marocaine très agressive. Telle est désormais la priorité stratégique tracée par Sa Majesté, le Roi Mohammed VI, en matière de politique étrangère.

En effet, durant la dernière décennie, le volume des échanges commerciaux entre le Maroc et les pays Africains a enregistré une nette progression. Ces échanges ont cru de 14% par an pour s'établir en 2014 à 38 milliards de dirhams (4 milliards de $ US) soit environ 6% du total des échanges extérieurs du Maroc contre à peine 4% en 2004. Ce qui fait du Maroc le deuxième exportateur intra continental, après l'Afrique du Sud.

L'Afrique subsaharienne compte pour 40% de ces échanges, les 60% ont été réalisés surtout avec les pays maghrébins notamment l'Algérie en vue de satisfaire les besoins énergétiques du Maroc.

Les exportations du Maroc vers l'Afrique subsaharienne ont atteint 13 milliards de dirhams (1,4 milliard de $ US) en 2014 contre 2 milliards de dirhams (210 millions de $ US) en 2004 enregistrant une progression annuelle de 19%.

L'Afrique subsaharienne est ainsi devenue en l'espace de dix ans la première destination des investissements marocains directs à l'étranger (IDE): 80% des IDE sortants vers le continent et 50% du total des IDE marocains à l'étranger sont consacrés à l'Afrique subsaharienne.

Les années à venir vont connaître une influence économique grandissante du Maroc en Afrique subsaharienne. Et pour cause, cet engouement du secteur privé marocain à l'égard de l'Afrique subsaharienne qui prend de plus en plus de l'ampleur de nos jours à l'image des décisions récentes prises par les fleurons de l'économie marocaine, l'OCP (Office Chérifien des Phosphates), la SNI (Société Nationale d'Investissement), Le groupe Addoha en vue de créer des filiales spécialement dédiées à l'Afrique pour la production d'engrais (OCP Africa) et la production de ciments (LafargeHolcim Maroc-Afrique et CIMAF). A ces poids lourds de l'économie marocaine s'ajoutent une multitude de PME/PMI entrain de scruter à la loupe toute opportunité d'investissement en Afrique subsaharienne en marge des nombreuses rencontres B to B, foires et forums Maroc-Afrique organisés par les uns et les autres. Ces entreprises marocaines qui ont pu développer un véritable savoir-faire dans leurs différents secteurs d'activité disposent de réels atouts pour conquérir davantage le marché subsaharien en particulier dans la grande distribution, l'industrie, les infrastructures de base, l'énergie, l'éducation et la santé qui recèlent encore d'énormes potentialités.

Pour conclure, le Maroc en raison de l'expertise multisectorielle de son économie et de ses liens séculaires avec les Etats d'Afrique subsaharienne, a tous les moyens d'asseoir son leadership sur les plans économique et politique dans une logique volontariste de co-développement.

Cette initiative fort louable et salutaire du Maroc devrait être soutenue et encouragée par les politiques des Etats d'Afrique subsaharienne tout en incitant les autres pays à s'inspirer de ce modèle au profit du développement socio-économique des peuples africains.

Par ASSALIA OUSMANE; Directeur Industrici chez IMAFER SA, Bamako (Mali) BAMADA.net